Heinrich Cornelius Agrippa von Nettesheim
(1486-1535)
Biographie :
Henri-Corneille Agrippa de Nettesheim, médecin et philosophe, naquit à Cologne, le 14 septembre 1486.
Doué de beaucoup d'esprit et d'érudition, Sa carrière, moitié scientifique, moitié politique, fut toujours orageuse.
Après sept années d'Armée, il étudia le droit, la philosophie, la médecine et les langues.
Venu en France en 1506, il fut nommé, en 1509,
professeur d'hébreu à Dôle.
Ses querelles avec les cordeliers le firent bannir de cette ville ; alors il alla à
Londres, où il donna aussi des leçons.
A son retour d'
Angleterre, il professa la théologie à Cologne, et, en 1511, siega comme
théologien à un concile tenu à Pise.
Peu après, il professa à Pavie et ouvrit des
cours sur Mercure Trismégiste.
En 1515, il professait à Turin.
Il fut ommé syndic et orateur à Metz en 1518.
Après avoir demeuré quelque temps à Fribourg, en Suisse, et à
Genève, il s'établit à Lyon, en 1524, et y commença l'exercice de la médecine, dix-huit ans après avoir reçu le
titre de docteur.
Louise de Savoie, mère de François Ier, le nommât son médecin ; mais cette princesse voulait qu'il fût aussi son
astrologue.
Agrippa répondit qu'il ne devait pas être employé à satisfaire une vaine curiosité.
Cette réponse eût pu n'être que l'expression de son mépris pour un art toujours futile et quelquefois dangereux ; mais que dut-on penser d'Agrippa, lorsque l'on sut que, dans le même temps, il pronostiquait au connétable de Bourbon, armé contre la France, les plus brillants succès ?
Chassé de France, Il s'attacha au service de la princesse Marguerite (gouvernante des Pays Bas), sœur de Charles V, qui le fit nommer historiographe de cet empereur.
Elle ne tarda pas à être fortement prévenue contre lui ; mais elle mourut peu de temps après et Agrippa composa son oraison funèbre.
Il avait publié, quelque temps auparavant, son ouvrage de la
Vanité des sciences, qui fut vivement censuré par ses ennemis ; mais ils s'élevèrent avec encore plus de force contre la
Philosophie occulte qu'il publia peu après à Anvers, et qui le fit accuser de magie.
Des protecteurs puissants ne purent empêcher qu'il ne fût jeté dans les prisons de Bruxelles.
Après un an de détention, il se rendit à Cologne, dont l'archevêque avait reçu la dédicace de sa
Philosophie occulte, et ne craignit point de retourner en France avec le dessein de s'établir à Lyon ; mais à peine était-il dans cette ville, qu'il y fut arrêté pour avoir écrit contre la reine mère.
Sorti de prison, il alla finir à Grenoble sa carrière orageuse, dans un hôpital, en 1533, à l'âge de 47 ans, ou, suivant d'autres, à Lyon, en 1534. [Agrippa est en fait mort à Grenoble en 1535.]
Il avait parlé avec de grands égards de Luther et de Melanchthon ; mais il ne professa jamais publiquement la religion réformée, et fut catholique autant que pouvait l'être un homme qui distribuait des formules pour composer de parfums et des talismans magiques, etc.
On a peint assez bien cet homme singulier, lorsqu'on a dit de lui :
« Nulli hic parcit ; contemnit, scit, nescit, fiet, videt, irascitur, incitatur, carpit omnia. Ipse philosophus, dæmon, heros deus, et omnia. »
Son portrait se trouve dans les Icones de Reusner, dans la Bibl. Chalcogr. de Boissard, et au frontispice de plusieurs de ses écrits. (Biographie universelle ancienne et moderne : histoire publique et privée de tous les hommes, Tome I (2ème édition) - 1843 - Publié sous la direction de Louis-Gabriel Michaud - pp. 246-247)